Un amant vénitien
 
 

 

(...) Venise, inquiète et vieillissante, masquait ses rides et sa décrépitude sous des couches de fards chaque jour plus épaisses. Aussi s’offrit-elle immédiatement à ce jeune homme de 25 ans, séduite par sa prestance, son esprit, son intelligence, sa détermination et son charme. En vieille courtisane, revenue de tout et rompue à toutes les intrigues, mais à l’instinct infaillible, elle avait aussi très vite décelé en Andréa un amant prometteur qui saurait l’honorer pleinement. Elle lui avait donc ouvert grand sa couche tout en n’oubliant pas de la joncher d’or.
Andréa Forlani n’avait su lui résister. Depuis bientôt dix ans, il rendait quotidiennement hommage à sa vieille maîtresse avec une fidélité à toute épreuve, un dévouement de tous les instants doublé d’un sentiment fort étrange pour qui connaissait Andréa et qui s’apparentait à l’amour.
Venise, reconnaissante, avait fait de lui l’un de ses hommes les plus puissants et les plus redoutés. (...)

Martine, 31 octobre 2006 - ©

"Un amant vénitien" - extrait d'un recueil de nouvelles à paraître

 
 
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