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Lettres vénitiennes |
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(...) Etrange, j'ai senti brusquement en vous une légère crispation. Je ne me voulais pas indiscrète. Votre vie vous appartient, bien sûr. Vous n'aimez guère parler de vous, je le sais. Néanmoins, si le ton de votre lettre était retenu, il n'en était pas moins délicat, vous avez eu des mots charmants. Mais qui m'ont un peu étonnée. Vous dites aimer les femmes, toutes les femmes, mais ne pas savoir exactement ce qu’est l’amour. Si je vous ai bien lu, vous vous éprenez d'une femme, puis d'une autre, vous aimez la femme que vous désirez, vous lui restez profondément attaché, vous ne l'oubliez jamais, "je déteste les ruptures" dites-vous, mais vous fuyez la durée, car pour vous l'amour ne serait qu'une illusion, une supercherie, une sorte de piège," autant éviter de se poser certaines questions qui n'ont pas de sens bien défini". Aimer toutes les femmes, cela ne revient-il pas à n'en aimer aucune? Que vous soyez inconstant, soit, mais seriez-vous incapable d’aimer? (...) |
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