
Miniature trouvée un soir de pluie chez un antiquaire florentin. |
Génoise
de naissance, florentine par adoption, surnommée la "Sans
Pareille", galvanisant les timides (Botticelli, Politien), intimidant
les audacieux (les Médicis) et aimée par l'un d'entre
eux, Julien de Médicis, frère de Laurent le Magnifique,
elle mourut en 1476 à l’âge de 23 ans, emportée
par un "mal subtil". Sa lumineuse beauté inspira les
maîtres du Quattrocento.
«
Già s’inviava quindi partire,
la ninfa sovra l’erba, lenta, lenta,
lasciando il giovinetto in gran martire,
che fuor di lei ormai null’altro omai talenta. »
Dans son poème, "Stanze per la giostra di Giuliano de Medici",
poème commandé par Julien de Médicis, Politien
chante la douleur impliquée par la perte de l’être
aimé.
Le portrait posthume qu’en fera vers 1485 Piero di Cosimo, peintre
florentin au caractère farouche, lugubre, voire morbide, est
énigmatique.
Un reptile s’enroule voluptueusement autour d’une chaîne
et effleure la peau diaphane de Simonetta Vespucci. Le serpent, symbole
du mal, de la tentation , de la séduction... Simonetta Vespucci,
une Eve maudite ?
Cet étrange collier peut aussi s'expliquer comme un signe emblématique
des Médicis. Ce portait de Simonetta Vespucci fut vraisemblablement
commandé à Cosimo par Lorenzo de Pier Francesco de Médicis
dont l'écu comporte un tel symbole inspiré du psaume 58
: l'aspic obture l'ouïe qui n'entend pas la voix des charmeurs,
pour aussi habile que soit l'enchanteur...
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