En
1793, certains conventionnels avaient évoqué la nécessité
de créer un tribunal révolutionnaire "parce que l'on
s'est aperçu qu'il n'y avait pas une justice réelle
dans la République, qu'il fallait que les traîtres
et les conspirateurs soient punis et que l'on a demandé
qu'il y eût un tribunal dont on soit sûrs".
Le peintre David réclama l'établissement immédiat
d'un tel tribunal sans appel " pour mettre fin à l'audace
des grands coupables et des ennemis de la chose publique".
Le Tribunal révolutionnaire fut créé à l'instigation
du député du Cantal, Jean-Baptiste Carrier (de sinistre
mémoire), par la loi du 10 mars 1793 sous la dénomination
de Tribunal criminel extraordinaire. Il fonctionna
pendant 17 mois, du 29 mars 1793 au 27 juillet 1794
(9 Thermidor).
Tous les procès-verbaux de dénonciation, d'information,
d'arrestation étaient adressés à la Convention nationale,
qui les renvoyait à une commission de ses membres
chargée d'examiner les pièces, d'en faire un rapport,
de rédiger les actes d'accusation et de surveiller
l'instruction qui se faisait dans le Tribunal.
Le Tribunal révolutionnaire comprenait outre un jury,
des juges et quelques membres de la Convention, un
accusateur public, qui était la clef de voûte de cet
appareil judiciaire : tout reposait sur lui, c'est
lui qui en surveillait le fonctionnement, qui avait
le droit de faire arrêter, poursuivre et livrer au
Tribunal tous les prévenus de crime de conspiration
contre la sûreté de la nation, exception faite des
députés et des généraux. Dès le 13 mars 1793, Fouquier
Tinville fut nommé accusateur public.
Sur un total de 4021 jugements rendus par le Tribunal
révolutionnaire, du 16 avril 1793 (premier jugement
rendu) au 27 juillet 1794, il y eut 2585 condamnations
à mort et 1306 acquittements. On compte 72 condamnations
à la prison, 36 à la déportation. et 22 causes furent
renvoyées à d'autres tribunaux.
Ce livre passionnant, véritable reportage sous la
Terreur, regroupe les procès-verbaux officiels des
grandes audiences du Tribunal révolutionnaire.
Documents qui, sous la froideur et la sècheresse du
compte-rendu, restituent dans leurs peurs , leurs
faiblesses, dans leur grandeur, en un mot dans toute
leur humanité, ces hommes et ces femmes qui
ont laissé leur empreinte dans l'Histoire : Robespierre,
Danton, Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte
Corday, Bailly, les Girondins et les Hébertistes.